Mercure

Observer la planète Mercure

Mercure ressemble beaucoup à la Lune : elle est criblée de cratères d’impact. Située très près du Soleil (à 57,9 millions de km en moyenne), Mercure est soumise à un véritable bombardement de particules qui émoussent lentement son paysage. Les conditions physiques qui règnent à sa surface sont sans doute les plus extrêmes du système solaire : entre le jour et la nuit, la température varie de 600°C ! Comme elle ne possède pas d’atmosphère, tous les rayonnements les plus dangereux la noient sous un flot d’énergie mortelle. L’endroit est aussi invivable que le coeur d’une centrale nucléaire.

Mercure boucle autour de notre étoile une orbite très excentrique en 88 jours, sa rotation sur elle-même prend 59 jours c’est à dire exactement les deux tiers de son année. A l’aphélie, elle est à 70 millions de kilomètres du Soleil et au périhélie elle n’est qu’à 46 millions soit une différence de 34%. Son diamètre est le tiers de celui de la Terre : 4880 km. Mercure détient presque le record de densité : 5.45 (Terre 5.52, Lune 3.34). Elle la doit à sa forte proximité du Soleil. En effet, lors de la formation du système solaire, les matériaux légers comme l’hydrogène (H), l’hélium (He) ou l’oxygène (O) ont été soufflés vers l’extérieur, tandis que les atomes lourds restaient confinés à faible distance de l’étoile naissante. Mercure est presque une sphère métallique, son noyau ferreux présente un diamètre de plus de 3500 km (73% du diamètre équatorial).

Ephémérides de Mercure

Observation de la planete mercure Ephemerides de la planete mercure La Planete mercure

Meilleures périodes

Ephémérides

Visibilité

Observation de Mercure : période idéale

Mercure ne s’écarte jamais de plus de 28° du Soleil. Elle se situe dans les lueurs crépusculaires ce qui la rend difficilement observable. Cependant son ballet autour du Soleil nous offre parfois de relativement bonnes conditions d’observation. Ces dates sont à noter sur votre agenda car elle se comptent sur le doigt de la main chaque année (voir tableau Meilleures périodes). Elles correspondent à la concordance de plusieurs facteurs:

  • Mercure doit se situer le plus loin possible du Soleil de notre point de vue (élongation maximale) voir visibilité en 2014 (courbe bleue).
  • La distance Soleil-Mercure doit être la plus grande possible: les 28° sont en effet atteints quand Mercure est à l’aphélie.
  • Le plan du système solaire, vu depuis la Terre comme la ligne imaginaire qui relie les planètes et le Soleil (appelé écliptique) doit être proche de la verticale. Ainsi Mercure est plus haute au-dessus de l’horizon ce qui la rend plus facilement observable, de plus la nuit tombe plus vite ce qui permet d’avoir un ciel sombre plus tôt. Dans nos latitudes, l’écliptique est le plus vertical le soir de l’équinoxe de printemps et le matin de l’équinoxe d’automne.
Mercure au telescope Equinoxe de Mercure

Finalement le meilleur moment pour observer Mercure le soir se situe autour de l’équinoxe de printemps quand son élongation est maximale.

Observation : Mercure au télescope

Aux élongations maximales, Mercure apparaît comme un demi-disque de 7″ de diamètre. Sa surface n’offre aucun détail apparent digne d’intérêt pour l’observateur avec un télescope amateur. Toutefois, l’évolution de ses phases peut retenir l’attention, même si seule une petite partie du cycle est observable. Le diamètre apparent du disque mercurien varie de 12,9″ en conjonction supérieure à 4,7″ en conjonction inférieure.

Probabilité d’élongation maximale Est de 28° autour de l’équinoxe de printemps Dans cette situation, Mercure pourrait se situer à plus de 25° d’altitude au coucher du Soleil. On s’intéresse à une période d’un mois autour de l’équinoxe de printemps (du 7 Mars au 7 Avril). Mercure tourne autour du Soleil en 88 jours, on va considérer qu’elle est proche de l’aphélie pendant 11 jours. Comme la rotation de la Terre et celle de Mercure autour du Soleil sont décorrélées (88 jours n’est pas un multiple d’une année terrestre), l’aphélie peut avoir lieu à n’importe quel moment de l’année. Pour connaître la fréquence des élongations maximales Est (visibles le soir), il faut résoudre l’équation: x/88=1+x/365, x étant le nombre de jours écoulés, x/88 est la fraction de tour autour du Soleil que Mercure a effectué, x/365 est la fraction de tour que la Terre a effectué. On ajoute 1 car Mercure va faire un tour de plus que la Terre avant de revenir à l’élongation maximale. On trouve alors que celles-ci ont lieu tous les 116 jours. La période qui nous intéresse représente 31 jours par an donc la probabilité que nous recherchons est p=31/116*11/88, 31/116 est la probabilité d’une élongation maximale Est et 11/88 est la probabilité d’être proche de l’aphélie l’aphélie. On trouve alors que cette situation n’arrive en moyenne qu’une fois tous les 30 ans !

Passages de Mercure devant le Soleil

Même s’ils ne sont pas visibles à l’oeil nu, les passages de Mercure devant le Soleil demeurent des événements intéressants à observer. Lors de cet évènement, Mercure apparaît comme un disque noir parfait qui peut-être immédiatement différencié des taches solaires. On peut facilement suivre sa course en les utilisant comme repères. Comme Mercure n’a pas d’atmosphère, celle-ci n’a pas de pénombre et les premier et dernier contacts (début et fin du transit) sont très faciles à déterminer. Prochains passages :

  • le 9 mai 2016, de 13h10 à 20h44, visible en Europe
  • le 11 novembre 2019, de 13h34 à 19h05, mieux visible en Amérique du Sud